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Comment vivre de la musique au Cameroun ?

Des tubes qui montent et qui descendent  aussi vite qu’une éjaculation, des stars qui s’éteignent aussi rapidement qu’une gorgée de whisky, la machine à Kleenex musical tourne à plein régime au 237 depuis l’avènement du numérique. Comment vivent-ils de musique après une gloire éphémère ?

Lorsque ça perd de l’éclat, que les organisateurs privés et les grosses boites qui sponsorisent l’événementiel commencent à regarder ailleurs, on bricole comme on peut pour s’en sortir. Tonton, tata et couso deviennent alors des « big managers » qui rappellent à la grande famille que « l’artiste » du village est là pour assurer le show du mariage, des funérailles et des anniversaires. Que serons-nous sans la famille ?

Entre un deuil et une naissance, on entretient l’image avec le droit d’auteur. Bien sûr. Pas besoin d’avoir une œuvre en exploitation, faut juste avoir les bons mots pour l’aspirant « Prési » qu’on soutient, et l’invective au bord de la lèvre pour ses détracteurs. Faut bien préparer le retour d’ascenseur… Si son « Prési » est élu, ça a généralement une incidence directe sur sa fiche de répartition, on peut normalement prétendre au gros lot. Retour d’Atalaku oblige.

Si son Prési ne passe pas, il y a le ministère de la Culture, le plus grand tourneur et organisateur de spectacle du bled. Des amitiés bien ciblées dans l’entourage du « DG » de l’entreprise peuvent vous amener à Rio ou à Shanghai aux frais du contribuable. Sinon, il y a les multiples petits et gros concerts qui ne manquent jamais. Faut savoir trainer où ça peut payer, en supportant au passage les « tchip » et les regards méprisant des secrétaires. De toute façon ce qui ne tue pas rend fort…

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Artiste: Quel foutu métier !!!

Il y a des questions qu’on devrait pouvoir se poser, tous ensemble, en même temps ! Il y a des actes qu’on devrait pouvoir poser, chacun, pour la profession ! Il y a des révoltes qu’on devrait rallier, pour la postérité.

Le confinement qui s’est imposé dans la lutte contre le Covid 19 a aussi révélé la précarité des conditions de vie et de travail des artistes africains vivant et travaillant sur le continent.

En effet, faute de statut juridique, de couverture sociale, d’une bonne gestion du droit d’auteurs et d’une véritable réglementation des activités du secteur artistique et culturel dans la majorité des Etats, les artistes vivent pratiquement tous au jour le jour et au petit bonheur la chance. Avec le Covid 19, la fragilité de ce mode de fonctionnement a eu des effets sur toute la profession, ou presque.

Scène d’ébène saisi cette opportunité pour interpeller les acteurs culturels eux-mêmes, mais surtout les gouvernements, sur la nécessité d’un cadre administratif et juridique qui, au-delà des dons et des subventions, permettrait aux artistes de vivre de leur métier, se soigner et mourir dans la dignité, aller en retraite sans être un indigent… Le minimum !!!

Nous avons lancé une campagne de sensibilisation en donnant la parole à des acteurs culturels africains dans des webinaire très suivis.

Hélas, notre action n’a été qu’une épée dans l’eau, mais le combat continu

Yvan. Jean Ellen