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Comment vivre de la musique au Cameroun ?

Des tubes qui montent et qui descendent  aussi vite qu’une éjaculation, des stars qui s’éteignent aussi rapidement qu’une gorgée de whisky, la machine à Kleenex musical tourne à plein régime au 237 depuis l’avènement du numérique. Comment vivent-ils de musique après une gloire éphémère ?

Lorsque ça perd de l’éclat, que les organisateurs privés et les grosses boites qui sponsorisent l’événementiel commencent à regarder ailleurs, on bricole comme on peut pour s’en sortir. Tonton, tata et couso deviennent alors des « big managers » qui rappellent à la grande famille que « l’artiste » du village est là pour assurer le show du mariage, des funérailles et des anniversaires. Que serons-nous sans la famille ?

Entre un deuil et une naissance, on entretient l’image avec le droit d’auteur. Bien sûr. Pas besoin d’avoir une œuvre en exploitation, faut juste avoir les bons mots pour l’aspirant « Prési » qu’on soutient, et l’invective au bord de la lèvre pour ses détracteurs. Faut bien préparer le retour d’ascenseur… Si son « Prési » est élu, ça a généralement une incidence directe sur sa fiche de répartition, on peut normalement prétendre au gros lot. Retour d’Atalaku oblige.

Si son Prési ne passe pas, il y a le ministère de la Culture, le plus grand tourneur et organisateur de spectacle du bled. Des amitiés bien ciblées dans l’entourage du « DG » de l’entreprise peuvent vous amener à Rio ou à Shanghai aux frais du contribuable. Sinon, il y a les multiples petits et gros concerts qui ne manquent jamais. Faut savoir trainer où ça peut payer, en supportant au passage les « tchip » et les regards méprisant des secrétaires. De toute façon ce qui ne tue pas rend fort…